dimanche 7 octobre 2007

Le roumain

La licence est composée de trois années, qui sont elles-mêmes découpées en deux semestres, qui se décomposent chacuns en quatre unités d'enseignements où il y a généralement deux ou trois matières. Ces matières donnent droit, en cas d'une note au dessus de 10/20 aux partiels de janvier ou de juin (qui représentent les deux semestres) à un certain nombre de crédits validés et comptabilisés de façon européenne. Ainsi le nombre de ces matières ne peut être modifiée, car le nombre de crédits attribués doit nécessairement être le même dans toute l'Europe, et un partiels concernant une matière qui ne délivre aucun crédit est alors parfaitement inutile, mis à part pour une culture personnelle dont tout le monde sait bien que les étudiants se contrecarrent.
Mais cette année, nouveauté, nous avons la chance, que dis-je le privilège, que dis-je le luxe de recevoir parmi nous un professeur hautement qualifié et reconnu internationalement dans les domaines de la climatologie et de l'hydrologie, pour une durée de deux semaines, pour qu'il puisse nous faire part de son savoir prodigieux durant 12 heures de conférences sur les risques hydrologiques en Roumanie. Car oui, cet homme est roumain, et c'est précisément là que ça coince.
La Roumanie est récemment entrée dans l'Europe, tout le monde le sait (sauf cet étrange chinois qui est resté pendant 14 ans enfermé comme un ermite dans la montagne). Les roumains ont dont libre accès, comme tout le reste de l'Europe, a d'autres universités pour travailler et d'autres villes pour partir en vacances, et tout cela beaucoup plus facilement. Néanmoins à vik3chin, nous sommes des étudiants et plus généralement des jeunes gens plein de préjugés, et nous n'avons pas pu nous empêcher de nous faire part entre nous de nos réactions et de nos ressentiments vis-à-vis de ce professeur roumain, dont nous n'avons compris que son prénom, littéralement Ovide.
  • précisément à l'arrivée de celui-ci, un flot de caravanes s'est installée sur le parking du campus, ainsi l'amalgame est vite fait entre les roumains et les caravanes ;
  • quand nous l'avons vu arriver dans l'amphithéâtre, immédiatement nous l'avons reconnu, même sans le voir : son visage est définitivement slave, sa veste de cuir et son polo à col roulé nous ont fait immédiatement pensé au KGB, sans compter la petite mallette de cuir qu'il tenait dans la main droite, le tout renforcé par un accent à couper à la hache ;
  • après près d'une heure de cours, nous avons entendu un bruit aigu et, bien qu'il ait commencé par être alternatif, il fut vite devenu continu, et quelque peu stressant, c'est ainsi que naturellement le kéké et la chevelue (le vieux a toujours un train de retard et l'intello n'est pas en géographie) ont pensé que le slave du KGB avait dissimulé dans sa mallette en cuir brun une bombe qui ne tarderait pas à exploser.

Vous voyez comme les préjugés et les stéréotypes vont bon train dans toutes les situations. Tout le monde sait que les préjugés sont mal et rendent la vie plus difficile et la socialisation des gens plus complexes, mais personne ne peut ne pas en avoir, et on doit tous avouer qu'avoir des préjugés et les mettre en commun avec tous ses amis permet de passer deux heures de conférence excellentes, malgré un cours peuplé de fautes de traduction et surtout une matière déjà vue auparavant dans notre cursus d'aménagement.

Aussi, cette mantière fraichement rajoutée à notre cursus ne comporte pour le moment aucune modalité de controle de connaissance, ainsi pour l'instant nous travaillons pour la gloire. Ce n'est pas particulièrement dérangeant, mais nous avons beau n'avoir que 15 heures de cours dans la semaine, nous avons malgré tout du travail à réaliser, et la perte de temps que peut représenter cette matière, si elle n'est pas soumise à un partiel, se révèlerait importante.

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